Apprendre à apprécier l’arbitre

RefereeUn jour, on m’a demandé d’arbitrer un match de basket-ball d’une ligue de l’Église. En tant qu’ancien chauffeur de banc de mon équipe au collège, j’avais passé beaucoup de temps à observer les appels et les signaux d’une dizaine de vrais arbitres. Je savais qu’il y avait faute quand j’en voyais une, je savais ce que signifiait marcher, et je connaissais par cœur la règle des trois secondes. Cette demande me rendait nerveux, mais je comprenais pourquoi on avait besoin de moi et je croyais naïvement que j’étais en mesure de le faire. Après avoir enfilé le maillot rayé et passé le sifflet autour de mon cou, je me suis dirigé vers le terrain.

Une heure plus tard, je déchirai le maillot, jetai le sifflet et jurai de ne plus jamais arbitrer.

Vous pouvez penser que je suis susceptible ou que j’ai une sensibilité à fleur de peau et que peut-être je n’avais eu que ce que je méritais, mais dès l’entre-deux de début de match il m’a fallu moins d’une minute —le temps d’un coup de sifflet, plus précisément,— pour comprendre immédiatement et douloureusement une triste vérité qui envahit toutes les compétitions sportives : personne n’aime l’arbitre.

Il ne fait aucun doute que je n’avais pas bien fait mon travail. Je n’ai pas signalé les fautes correctement, j’ai raté d’autres actions évidentes que j’aurai dû siffler, et dans l’ensemble, j’ai été à la hauteur des attentes des personnes qui savaient que j’arbitrais pour la première fois. En y repensant, je me rends compte que je n’aurais jamais dû accepter d’arbitrer. Je n’étais vraiment pas prêt à rendre le service que j’avais essayé de rendre.

Mais en même temps, j’étais un bénévole rendant service à tout le monde ou presque dans le gymnase. Les supporters et les joueurs n’avaient pas le droit de s’attendre à un niveau de travail professionnel. Par conséquent, je me sentais lésé et blessé, comme si j’avais offert un cadeau à quelqu’un et que lui en retour l’avait jeté par terre et écrasé sous ses pieds.

Si j’avais été un arbitre formé et expérimenté, j’aurai immanquablement fait mieux. Je n’aurais pas été presque traumatisé par les critiques inévitables parce que j’aurai arbitré le match avec la confiance qui vient de la connaissance et de l’expérience véritables. De nombreuses années plus tard je pense à ce qui s’est passé avec un juste degré d’objectivité. Je vois des fautes des deux côtés, et particulièrement du mien. Mais bien que je ne puisse pas effacer ce qui s’est passé, je peux et je vais veiller à ce que cela ne se reproduise pas.

Qu’est-ce que tout cela a à voir avec l’arbitrage dans FamilySearch ? En fait, plus que vous ne le pensez.

Définition et démystification de l’arbitrage
L’arbitrage peut être un terme méconnu qui met mal à l’aise. Peut-être que le choix de ce mot n’est pas le meilleur mais il traduit convenablement la fonction et le but des arbitres.

Le Robert donne la définition suivante pour le mot arbitre : « personne désignée par les parties pour trancher un différend, régler un litige ». J’exagère peut-être un peu l’analogie, mais d’une certaine façon, je considère les arbitres FamilySearch comme les arbitres d’une compétition sportive. Il est vrai qu’ils n’arbitrent pas les « différends » d’indexeurs en compétition et personne n’essaye de « battre » une autre personne pour avoir la bonne réponse. Les arbitres de FamilySearch travaillent anonymement et en général ils ne sont pas exposés au public comme les arbitres sportifs.

Mais comme les arbitres sportifs, les arbitres FamilySearch font l’objet de critiques et de négativité, et même si elles ne les atteignent jamais directement à chaque lot qu’ils arbitrent, nombre d’entre eux ont pris en compte le mécontentement général exprimé contre les arbitres dans leur ensemble et ont décidé qu’il serait plus sûr de se contenter d’indexer—quand ils n’ont pas décidé tout simplement d’arrêter l’indexation. Pour beaucoup d’entre eux, leur angoisse concernant le choix avisé à faire entre le meilleur travail de deux indexeurs sincères et dévoués est déjà si élevée, qu’il suffit de quelques critiques pour confirmer ce qu’ils craignent déjà secrètement bien que ce soit inexact : ils ne sont réellement pas suffisamment bons pour se voir confier une responsabilité si importante.

Lorsque cela se produit, c’est tout le monde qui en pâtit.

Alors comment pouvons-nous tous apprécier un peu plus les arbitres et l’arbitrage ? Ça commence par la perception exacte de ce qu’ils sont, ce qu’ils font et ce que nous devons être en mesure d’attendre d’eux. Cette perception ne s’obtiendra que si nous prenons le temps de mieux comprendre l’arbitrage. Un bon moyen de commencer est de cliquer sur les liens ci-dessous et de lire ces articles avec un esprit ouvert. Si à la fin de votre lecture vous n’êtes pas convaincu de devenir arbitre, vous apprendrez au moins à mieux apprécier les difficultés du travail des arbitres et la valeur du service qu’ils rendent à la communauté généalogique.

C’est le deuxième message de la série d’articles sur l’arbitrage.